Québec, Québec
Urbain
Concours international, 3e prix

Les catégories modernistes du naturel et de l’artificiel deviennent des outils de moins en moins utiles pour comprendre notre relation à l’environnement. L’hybridité profonde du paysage actuel, où les traces des processus humains s’entremêlent de façon toujours plus inextricable à la nature, nous force à envisager le territoire sous des angles autres que celui de la nostalgie. Bien qu’il ne fasse aucun doute que le remblai autoroutier qui a effacé en 1976 les battures originales du fleuve fût une catastrophe écologique, tenter de ramener une lecture “originaliste” du territoire de Beauport en recréant le paysage perdu serait en quelque sorte refaire la même erreur mais à l’envers. Mais accepter qu’en cette époque anthropocènique, l’humain à transformé le paysage de façon irrémédiable, ne signifie pas pour autant abandonner cette lutte pour retrouver un équilibre plus juste entre humains et non-humains. Peut-on trouver aujourd’hui, dans les zones de friction entre la ville et la nature, une hybridité plus productive, une rencontre plus profonde où les artefacts humains d’hier et ceux à venir s’installent dans une relation symbiotique avec le vivant? Littoral Est explore comment on peut intensifier la biodiversité sans avoir recours à l’image d’une nature vierge et intouchée. Le projet embrasse toutes les couches historiques du paysage, y compris celles qui ont le plus contribué à la déconnexion entre humains et non-humains. Ce réinvestissement des artéfacts de la culture moderne par une nature luxuriante devient l’image de cette nouvelle alliance du vivant.
Littoral Est